Suivre sa « voix »
Le comédien doit avoir ceci en commun avec le scout : être « toujours prêt ». Les journées de tournage sont planifiées longtemps d’avance, et les contretemps coûtent cher. Si le comédien est en retard, toute l’équipe est déphasée. Et, votre douloureuse séparation de la veille, la mort de votre animal de compagnie, l’épingle qui retient le pli de votre costume en éraflant votre hanche à chaque pas… rien de tout cela ne doit transparaître à l’écran.
Il y a quelques semaines, je me suis payé une laryngite. Pourquoi pas? Je ne suis pas souvent malade, aussi bien que ça compte. Fièvre, toux, douleurs, manque d’énergie et, cerise sur le «sunday», extinction de voix! Il fallait, bien sûr, que ça tombe le jour d’un tournage.
Les capsules LES GERMAINES sont enregistrées à coup de six en une journée. Chaque duo de comédiennes tourne deux sketches (qui seront présentés au cours des six semaines suivantes). Changer l’horaire pour une comédienne malade, c’est bousiller l’horaire des cinq autres comédiennes et de toute l’équipe.
C’est pour cette raison que dans le sketch de cette semaine, intitulé « Fine Bouche », Nadia, mon personnage, est « …allée à un lancement hier, la musique était forte, pis j’ai trop crié…». Dans trois semaines, quand le sketch « Job de rêve » sera présenté, Nadia n’aura pas plus de voix. Heureusement, les prétextes de sorties éreintantes pour les cordes vocales sont faciles à trouver lorsque l’on joue le rôle d’une relationniste.

