En direct de chez ma cousine
Il ne me reste que quelques jours pour terminer la révision de Cousine de personne (voir billet du 4 décembre intitulé « Évolution perpétuelle »). Je vous en offre un extrait, une réflexion de mon personnage principal, qui peut paraître hors propos en ce lendemain d’élections… ou, peut-être pas :
« Les bons enfants, ceux qui choisissent le droit chemin, le chemin le plus noble mais le plus difficile, sont trop rarement reconnus. On m’a pourtant toujours répété que les efforts sont invariablement récompensés. L’Univers serait-il en retard dans sa distribution? Ne reçois-je rien parce que je m’attends à quelque chose? Non, on n’allège jamais la tâche des bons enfants. On n’aide que ceux qui ne s’aideront jamais eux-mêmes.
Toute l’attention est portée au cancre, celui qui fait les plus grosses conneries, qui réussit à se poigner le plus le cul sans se le faire saigner, ou qui trouve le truc pour paraître doué — sans jamais réellement le devenir — plus vite que celui qui est véritablement doué.
À l’école secondaire où j’étudiais, le fils du maire, qui, chaque semaine, détruisait sa décapotable en rentrant trop soûl d’un bar où il dilapidait la totalité de son argent de poche, une somme géante, recevait plus de « coopération » qu’un pays du tiers-monde. Sa voisine, dont la case était une pharmacie, donnait une raison de vivre à trois travailleuses sociales. C’est donc dans ce monde de cancres superficiels que je pataugeais, tentant de ne pas me noyer et, surtout, de ne pas en avaler une tasse. Aujourd’hui encore, ça continue…
C’est peut-être sur ce même principe que fonctionne la téléréalité : on se penche sur le sort des cancres. Les autres peuvent se débrouiller tout seuls. Comme les intervenants de l’école, les téléspectateurs veulent voir seulement des perdants qu’ils tentent de sauver. »
Qu’en pensez-vous?
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